L’autre jour, je prenais un café avec Marie et Thomas au bord de la marina. La discussion a rapidement dérivé sur les randonnées à faire à Tahiti. Marie venait de terminer le Mont Aorai et cherchait une nouvelle aventure un peu moins technique. Thomas, fraîchement arrivé sur l’île, voulait absolument découvrir les hauteurs sans forcément se lancer dans les ascensions les plus périlleuses. C’est là que je leur ai parlé du Mont Marau : une rando accessible sans guide, avec des panoramas à couper le souffle sur Moorea, la vallée de la Fautaua et même le Diadème. Leurs yeux se sont illuminés. Le weekend suivant, on y était.
Le départ : entre lotissements et nature sauvage
J’ai loué une voiture via iaoracar.com pour rejoindre facilement le point de départ. Direction les hauteurs de Punaauia, côté Miri. La route goudronnée grimpe tranquillement entre les lotissements jusqu’à atteindre un parking près d’une grosse citerne, à environ 440 mètres d’altitude. Déjà là-haut, la ville en contrebas prend une autre dimension.
On s’équipe : bonnes chaussures de rando, sac avec minimum 2 litres d’eau par personne, quelques fruits, sandwichs et barres énergétiques. Pas de ravitaillement possible en chemin. Il est 6h30 du matin, le soleil commence à peine à pointer. On a bien fait de partir tôt, car la chaleur peut vite devenir pesante sur les portions exposées.
L’immersion forestière
Les premiers pas se font dans un sentier forestier, relativement frais. Les fougères géantes nous entourent, l’humidité du matin rend l’atmosphère presque mystique. Le sous-bois sent bon la terre mouillée. On avance tranquillement, le sentier est bien tracé.
Au bout d’un petit kilomètre, on bifurque sur un sentier de terre rouge, plus étroit. Et là, la première récompense arrive : une trouée dans la végétation dévoile Moorea dans toute sa splendeur. L’île sœur semble si proche qu’on pourrait presque la toucher.
Thomas s’arrête, ébahi. C’est son premier vrai contact avec les hauteurs de Tahiti. Je comprends son émerveillement : même après plusieurs années ici, cette vue ne me laisse jamais indifférent.
La montée sur la piste
Le sentier rejoint ensuite une large piste. C’est la portion la moins poétique de la randonnée : une route bétonnée qui serpente entre les pins et les fougères. Certes, c’est moins sauvage, mais l’effort est là : le dénivelé se fait sentir, 960 mètres de montée au total. On adopte un rythme régulier, on prend notre temps.
Au fil de la progression, les points de vue se succèdent : d’abord sur les lagons turquoise de la côte ouest, puis sur les vallées intérieures qui dévoilent leurs secrets.
- Vers 6 km, on passe devant un radar.
- Puis une antenne rouge à 6,5 km.
- À 7,1 km, on arrive au tremplin de parapente et à l’antenne verte.
De là, la vue est déjà spectaculaire, mais on continue jusqu’à la crête sommitale.
Au sommet : le spectacle à 360 degrés
On arrive enfin à 1493 mètres d’altitude. Le souffle court, les jambes lourdes, mais l’esprit léger. Devant nous, un panorama à 360 degrés qui justifie chaque goutte de sueur : Moorea à l’ouest, le Mont Aorai qui domine fièrement, le Diadème avec ses pics déchiquetés, la vallée de la Fautaua qui s’étend en contrebas avec sa fameuse cascade de Loti. Marie pointe du doigt le plateau des Orangers, une étendue verdoyante cernée de sommets.
La crête est étroite, les à-pics impressionnants. Pas de barrières ici, il faut être prudent, surtout si le sol est humide. Pour les plus téméraires, un sentier continue le long de la crête, encore 2 heures aller-retour dans un terrain plus technique, glissant et exposé. Nous, on se contente de profiter de ce point de vue exceptionnel, assis sur un rocher, à grignoter nos sandwichs.
Le silence est à peine troublé par le vent. En bas, l’agitation de Papeete semble appartenir à un autre monde. Ici, c’est juste nous, la montagne, et cette nature polynésienne qui ne cesse de surprendre.
Le retour et les enseignements
La descente se fait par le même chemin. Les genoux commencent à chauffer après 17,5 kilomètres au total. On croise quelques autres randonneurs qui montent, on échange un sourire complice, celui de ceux qui savent ce qui les attend là-haut.
Vers 13h, on retrouve la voiture, fatigués mais heureux. Six heures de marche, un dénivelé costaud, mais aucun passage technique si on s’en tient à l’itinéraire classique. Cette randonnée est vraiment accessible à tout randonneur en bonne forme physique, même sans expérience alpine particulière.
Infos pratiques pour préparer votre ascension
Difficulté : Moyenne. Pas de difficultés techniques, mais la distance et le dénivelé demandent une bonne condition physique.
Distance et dénivelé : 17,5 km aller-retour, 960 mètres de dénivelé positif.
Durée : Compter environ 6 heures aller-retour à un rythme normal, pauses comprises.
Tarif : Gratuit. Aucun guide n’est nécessaire, le sentier est bien tracé.
Accès : En voiture jusqu’au parking près de la citerne, en haut des lotissements de Miri à Faa’a/Punaauia. Si vous n’avez pas de véhicule, pensez à la location via iaoracar.com pour faciliter votre accès.
Équipement recommandé
- Chaussures de randonnée avec bonne accroche
- Minimum 2 litres d’eau par personne
- Pique-nique et en-cas énergétiques
- Bâtons de marche (recommandés pour soulager les genoux)
- Casquette et crème solaire
- Vêtement de pluie (la météo peut changer rapidement en montagne)
Meilleur moment : Partir tôt le matin pour profiter de la fraîcheur et de la lumière matinale. Les nuages ont tendance à arriver en fin de matinée et peuvent gâcher la vue. La randonnée est possible toute l’année, mais vérifiez la météo avant de partir.
Point de départ GPS :
Parking du Mont Marau – Miri, Punaauia
Sécurité : Attention sur la crête finale qui n’est pas sécurisée. Les à-pics sont impressionnants. Par temps de pluie ou de brouillard, la prudence est de mise. Pour l’option avancée le long de la crête, réservée aux randonneurs expérimentés par beau temps uniquement.
Une expérience à vivre absolument
Le Mont Marau mérite amplement sa place dans votre to-do list tahitienne. C’est une de ces randonnées qui réconcilie tout le monde : les locaux y redécouvrent leur île sous un angle nouveau, les touristes y trouvent une aventure accessible mais mémorable, et ceux qui envisagent de s’installer comprennent rapidement pourquoi Tahiti est bien plus qu’une île de plage.
Cette montagne offre un condensé de ce qui fait la beauté de Tahiti : la forêt tropicale, les panoramas vertigineux, la diversité des paysages et cette sensation de liberté totale une fois au sommet. Sans guide, sans équipement technique, juste vous et la montagne.
Si le Mont Marau vous a plu et que vous cherchez d’autres aventures en altitude, jetez un œil au Mont Aorai pour les plus aguerris. Pour ceux qui préfèrent les vallées, la vallée de la Fautaua offre également de belles randonnées, tout comme les environs de la cascade de Faarumai.
Et vous, avez-vous déjà gravi le Mont Marau ? Partagez votre expérience en commentaire : vos conseils, vos anecdotes, vos photos préférées. Ces retours sont précieux pour ceux qui préparent leur ascension.





